Stop! Part(iti)ons en soliste

Lorsque je parle de ma façon de me promener autour du monde, seule, sans aucune réservation, sans internet, et en stop, les phrases que l’on me dit le plus souvent sont : « Oh mon dieu, tu n’as pas peur ? », « Je ne pourrais pas faire ça», « Mais c’est dangereux ! ».

Bien sûr, je ne vous vendrai pas du rêve, il y a toujours quelques petits « couacs », mais je vous rassure : à défaut du corps, mon esprit lui est sain!

Aujourd’hui je vais vous parler de deux choses : pourquoi je voyage ainsi, et quelques petits conseils pour ceux qui veulent franchir le pas (ou de quoi rassurez ceux dont le palpitant s’affole quand ils me voient partir… Sourire ).

 

Voyager seule, entre l’inné et l’acquis.

A la plus grande question de l’univers : « qui de la poule ou de l’œuf ? », je ne saurais y répondre en ce qui concerne mon envie de voyager en solo.
Je ne chercherais donc pas à savoir si je suis devenue solitaire par habitude et que je continue sur ma lancée, ou si je suis une solitaire en puissance qui vit en accord avec sa personnalité.

Pourtant, avant, dans une autre vie qui me parait bien lointaine, je suis partie « accompagnée », d’un, de deux ou de dix amis, mais il me manquait toujours quelque chose…

D’un côté, partir tout seul, c’est ne pas avoir de compromis, de concession à faire. Une forme d’égoïsme dans la mesure où la seule chose à laquelle nous nous préoccupons est soi. Et quand on passe sa vie à gérer, organiser, anticiper pour les restes du monde (et j’adooore mon métier), avoir une liberté totale et aucune responsabilité permet de garder l’équilibre pour tenir dans ma vie sédentaire.
Et puis il y à un côté pratique indéniable : On prend moins de place seule avec son sac qu'en groupe d'amis.
De plus, les personnes que je rencontre ne sont pas effrayées en voyant une jeune femme (innocente et fragile qui plus est Innocent), ils m'ouvrent donc plus facilement leur porte ou leur portière, et, mieux, la plupart me prennent pour leur fille et on tendance à me protéger!

Mais d’un autre côté, partir seul, peut être douloureux : on se retrouve confronté à soi-même, à nos capacités, nos limites.
Cela nous oblige à nous faire face, et à accepter, voire découvrir ce que nous sommes, et il arrive que bien souvent que l’on soit surpris, dans un sens comme dans l’autre...

Et bien sûr, il y a…les frissons, l’inconnu, les bonnes surprises et les dangers.
Alors le stop, ça se pense, parce que même si je suis une tête brulée, je ne veux pas y laisser des plumes !

 

Ingrédients de base :

-Un pouce (droit ou gauche peu importe, mais il en faut au moins un)
-Un sourire
-Une envie de découverte
En option : une pancarte (utile si  et seulement si vous avez une destination bien précise)

On peut penser que la fille givrée qui se cache au fond de moi, se lève un matin et se dit, « tiens, si je partais en stop avec un gros sac, sans savoir où je vais ».

Pourtant il n’en est rien. Peut-être que cela finira par arriver, mais pour l’instant, et aussi par respect pour les gens qui tiennent à moi, je ne fais pas que n’importe quoi.

Le voyage se prépare en amont, en commençant tout bêtement par le choix de ce que je veux découvrir comme culture, paysage ou autre. Viens ensuite l’achat de guides, la lecture et surtout la mémorisation d’un maximum d’informations utiles sur les coutumes, la situation géopolitique et surtout de la carte du/des pays (bon d’accord, je pourrais en prendre une mais…ce n’est pas aussi drôle…!).

Ensuite, le départ approchant, il faut préparer son équipement, le but étant de ne pas non plus être trop chargé, parce que parfois il va falloir marcher, donc on remercie Décathlon ! (...et on espère que je descendrais à 15kilos sur le dos cette année!)

Les vêtements : du plus chaud au plus froid (certains pays connaissent une amplitude thermique large entre le jour et la nuit), et des chaussures adaptées à la marche.
Mesdames, rien ne sert d’emmener votre garde robe complète…à part les Poucettes, je n’ai jamais rencontré d’auto-stoppeuses sexy !

Le matériel vital : comme je pars à l’aventure, je ne sais pas où le stop va m’emmener donc autant vous dire que me parler de réserver un hébergement est aussi efficace que de vouloir parler lapon à un chinois…je dois donc m’organiser pour pouvoir dormir n’importe où. Outre le sac de couchage indispensable, je prends également ma tente ultra light et son mini matelas (un peu de confort que diable !).

Vous rajoutez votre couteau-suisse version Mac Gyver (celui qui fait aussi toaster, allume cigare et sarbacane), deux petites boites en plastiques (idéal pour conserver quelques aliments), votre gourde, et l’indispensable trousse de secours.
Vous accrochez votre sifflet-boussole sur votre sac, rangez vos papiers sur vous, répartissez votre argent et vous voilà opérationnel !

Chuut c'est un secret, mais je glisse, dans un endroit rapidement accessible, mon joli cran d’arrêt qui m’aura sorti de certaines situations un tout petit peu tendues (exemple par ).

 

Paquetage en bordel

Petit guide de l'autostoppeur.

Mais pour vivre cette expérience le plus sereinement possible, il ne s’agit pas que d’avoir le matériel. Il faut aussi faire cela (comme à peu près tout dans la vie d’ailleurs) de manière intelligente.

Vous pouvez être le plus grand rebelle sur cette belle planète, si vous voulez profiter de tout, vous aurez besoin de règles, que ce soit celles de la « société » ou les vôtres.

Pour le stop, voici mes commandements, transcris sur tablette…tactile :

1-Feel it, ou « écoute ton instinct ».

En effet, RIEN NE VOUS OBLIGE A MONTER DANS UN VEHICULE si vous ne le sentez pas (ou s’il sent trop fort ;) ). Si vous n’êtes pas en confiance, pas besoin d’aller chercher les ennuis ! D’autres conducteurs s’arrêteront, et vous finirez par trouver voiture à votre pouce !

2-Pas de stop la nuit !

Pour des raisons de sécurité élémentaires : outre le type de faune que l’on peut rencontrer entre 21h et 5h (je parle des êtres humains qui peuvent avoir abusé de certaines substances - licites ou non - ou des vampires), on est tout bêtement moins visible par les automobilistes, et aussi, malgré une lampe frontale que nous donne cet air intelligent, notre propre champ de vision est réduit, donc le risque d’accident est accru.  

3-The place to be.

Si la trouver dans ce monde est dur, il est important de la trouver en stop.
Commencez par sortir des centre-villes. Ensuite selon la configuration des lieux, privilégiez les stations services s'il y en a (accès aux toilettes, à la recharge de votre gourde, et véhicules susceptibles de s'y arreter), et si vous vous trouvez à un carrefour, pensez à le traverser pour vous engagez directement sur le route qui vous intéresse.

4- Développez votre côté scout : Soyez toujours prêt !

Pour les bonnes choses…comme pour les mauvaises…

Il faut absolument être ouvert car en stop, on ne sait pas sur qui, ou sur quoi on va tomber. Très sincèrement, si vous êtes asocial, oubliez l’idée. Apprenez aussi à lâcher prise. Vous ne tomberez peut être pas sur une qualité de confort ou des mœurs auxquelles vous êtes habitués, ne soyez pas difficile et adaptez-vous. Si vous vous ouvrez, le monde vous le rendra toujours et pourra vous faire vivre des moments incroyables.

Par contre, il faut aussi trouver l’équilibre entre l’ouverture et l’enthousiasme et la préservation.

Je vous parlais d’instinct, je précise maintenant en parlant de celui de survie. Soyez à l’écoute de ce que vos sens vous indiquent.
Il faut être réaliste, même si le monde est beaucoup plus beau que ce que nos JT nous disent, il n'est pas que rose.
Et, par expérience, une petite arme (couteau, bombe au poivre ou autre) peut s’avérer utile. Sans parler de s’en servir contre quelqu’un, sa seule présence peut suffire à vous rassurer.

 Si vous voulez plus d'info, des bons plans et des astuces, faites un tour sur ce site, le wikipédia du stop! Hitchwiki

Stop pour fuir Guca

Bien entendu, tout cela n'est que conseil, et ils ne sont pas exhaustifs.
Aujourd'hui encore, j'apprends en faisant mes propres expériences, j'affute mes techniques.

Beaucoup d'entre vous n'osent pas car notre monde nous conditionne par la peur afin de nous faire entrer dans un moule, et j'entends bien sortir des sentiers battus, ils m'ont apporté tellement de moments forts et permis de rencontrer de si belles personnes.

C'est souvent cette peur qui nous empêche de faire certaines choses : celle de l'échec ou celle des autres.

Voyager en solo, et en stop, m'a permis d'apprendre tellement, sur moi et sur le monde que plus jamais je ne me laisserai dominer par elle.
Promis Clin d'œil

 

"Devenir ou ne pas devenir...de peur d'être?"
Déborah Ruffato

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Commentaires (2)

1. Manuel Sam 11 Jan 2014

Et j'aurais même rajoutée à la fin de cette phrase... "Lorsque je parle de ma façon de me promener autour du monde, seule, sans aucune réservation, sans internet, et en stop, les phrases que l’on me dit le plus souvent sont : « Oh mon dieu, tu n’as pas peur ? », « Je ne pourrais pas faire ça», « Mais c’est dangereux ! »....et si tu ne donnes pas de nouvelles à Maman Laure..elle vient te chercher!!! !" bisous ma jonquette !

2. funckybrewster (site web) Lun 13 Jan 2014

Ahahahahaha chiche??? Parce que je suis joueuse tu le sais...et quand j'étais petite, j'adorais jouer à cache-cache, en haut des arbres, dans des terriers de renards, dans des tonneaux de vins....et je suis patiente...super patiente ;)

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