voyage

D'Hasankeyf a Istanbul...

8 novembre.

Reveil, packing, au revoir, retrouver les amis au cafe de Kadir, des lunettes de soleil pour ne pas montrer mes larmes.
Sourire, sourire, et leur demander de sourire encore. La main d'un ami dans la mienne, le dolmus qui arrive et m'emmene loin d'eux.
Je laisse mon coeur ici, prenez-en soin le temps que je revienne...

Puis il coule autant d'eau sur mes joues qu'il n'en coule dans le fleuve que je longe jusqu'a Batman.
Dormir jusqu'a Diyarbakir. L'aéroport. Le billet et le vendeur qui essaye de m'arnaquer. Mes montagnes qui defilent sous nos ailes.

Retrouver Istanbul, mon hotel à Sultanhamet apres le bus et le ferry de Kadikoy a Eminomu.
Retourner dans ma cantine préférée, à l'écart des touristes, avec son patron toujours aussi accueillant.

Le charme de Bizance opere encore, et reussi à secher mes larmes.

Profiter

7 novembre

Ayant accepté l'invitation au petit-déjeuner de mon hote de la veille, me voilà assise à 8h au pied du minaret, à tremper mon pain chaud dans du beurre et du miel frais, à cracher mes noyaux d'olives et à lecher mes doigts pleins de fromage.

Puis la journée se passe, d'échoppes en salon de thé, à discuter avec les uns et les autres. Profiter de mes derniers instants ici, des amis, de l'air, du soleil, de la quiétude...

Randonner a Karakoy avec un berger

6 novembre

Mon telephone m'ayant laché, je me leve au hasard et realise que je dois me depecher pour retrouver Ali, ancien berger devenu guide, pour une ballade dans les montagnes environnantes.

Nous grimpons d'abord aux anciens jardins désormais abandonnés puisque les habitants ont quittés le chateau. C'est toutefois toujours un havre de paix et de verdure...on y trouve meme une sorte de piscine amenagée!La grimpette continue : il faut bien se donner la peinde de meriter la vue!

Le petit village kurde de Karakoy nous offre une vie hors du temps : les labours se font encore grace aux cheveaux et l'eau se récupere a la fontaine de la mosquee.
Un ocean de montagne s'etend a 360 degres, avec au loin des neiges eternelles. Si elles donnent l'impression de nous couper du monde, c'est aussi pour mieux proteger mon paradis au milieu de cette forteresse mesopotamienne.

Zeynel Bey Turbesi et Dj Ercan

4 Novembre

 

Réveillée à 3h par les coqs qui se chamaillent, puis à 4h par l’appel à la prière, je me lève et profite des premiers rayons du soleil pour aller me promener le long du Tigre jusqu’ à la tombe de Zeynel et les anciens bains turcs.

 

Je rencontre un groupe de kurdes qui m’apprennent le combat de coq, et un peu plus de vocabulaire. Puis je rentre au cardak de Ramazan Usta ou je retrouve Rustem avec qui j’échange sur la famille, le barrage de la veille, puis nous laissons le soleil nous réchauffer.

Ce soir nous sommes à nouveau de mariage, et je suis flattée par le “cok guzel” qui m’accueille quand je reviens en version plus féminine.

Différent de l’autre fois, ce soir il y a un repas, mais surtout c’est un mariage plus moderne et cosmopolite : musique kurde, mais aussi arabe et….Yann Thiersen!!!! Ici ils sont fans!

Gâteau, danse et Golden time achèvent cette soirée dont nous rentrons dans l’hystérie la plus complète a 7 dans un kangoo, avec les garçons qui dansent debout a l’arrière…on finit même par s’arrêter sur le bord de la route, en plein vent pour continuer a danser!

 

5 novembre

 

Du thé, de la pêche, de l’écriture, un repas gouter avec Mahmut, et une soirée avec Dj Ercan dans la cabane qui fait office de cuisine a Ramazan Usta : nous voilà à chanter sur Adèle, Ahmet Kaya et autres avec un brasero à nos pieds.

Vers 21h nous sommes rejoints par Hamit, Rustem et Kadir et se mettent à cuisiner et nous papotons autour d’une poêle plein de tomates, oignons et viandes.

Nous allons prendre un dernier the avec Kadir de l’autre cote du pont (toute référence avec un bar Lyonnais existant serait fortuite).

Ilusu Dam et Midyat

Après un petit-déjeuner revigorant, nous grimpons dans la voiture de Kadir avec Rustem, car aujourd’hui c’est visite : nous voilà sur la route  de Dagrecit sous un soleil éclatant.Les routes sont désertes et agréables mais elle reflètent aussi parfois les aberrations du système politico-économique… à l’instar de cette portion de route refaite à neuf alors qu’elle mène à un village de 30 habitants….dont est originaire l’un des ministres…
Si on pense que l’argent n’est pas toujours dépense correctement, la preuve que c’est partout pareil!

Quelques instants plus tard, nous arrivons enfin devant l’imposante muraille que l’homme est en train d’ériger pour maitriser l’eau. Nous sommes terriblement chanceux car en ce moment les travaux sont arrêtés et nous pouvons donc pénétrer sur le chantier sans aucun contrôle.
Ayant prévu un article entier sur le sujet du barrage, je ne vous offre pour l’instant que cette image.

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Nous reprenons la route en direction de Midyat, ville que j’avais traversé cet été avec Diego juste avant de trouver le véhicule qui nous à amèné à Hasankeyf.

 

Ici les maisons anciennes sont faites en pierre spéciales (un peu comme nos pierres dorées autour de Lyon), et c’est aussi le pays du vin mésopotamien qui est plutôt bon ;)>

 

Nous nous échappons de la “surveillance” de Rustem qui est allé prier pour flâner dans le monastère Mor Gabriel d’où je ressors avec un bandana typique de la région.

 

Nous passons ensuite voir une de ses sœurs pour gouter son délicieux gâteau et récupérons Rustem pour rentrer au village.

 

Le temps de souffler un peu et Kadir me conduit chez ses parents où nous dinons ce soir. La maison, petite et simple, est surchauffée, ce qui me fait beaucoup de bien. Et puis on installe la “table” : un immense plateau posé au sol sur lequel on trouve tous les plats, une cuillère chacun et hop (vous aussi vous voyez le gain de vaisselle à faire?). Je me gave de son poulet et surtout de son boulgour aux épinards et grains de moutardes. Les hommes sortis de la maison, la maman de Kadir me montre des photos de tous ses enfants quand soudain, elle fond en larmes : beaucoup sont loin et lui manquent. Je lui fais un gros câlin avant de passer au dessert.

 

Une belle journée, un bon repas chaleureux, what else?

Moutons, poissons et famille.

1er novembre

J’ai passé une nuit merveilleuse en ayant retrouvé ma petite maison à Hasankeyf.

Mais pas l’envie de traîner au lit : je veux voir mes amis. Je les retrouver au café de Kadir, ils arrivent au compte-goutte, et les habitudes se reprennent facilement. Fromage, olive, pain, miel, tomates et concombres, le tout généreusement arrosé de thé, quand tout d’un coup, une animation particulière sur le pont qui enjambe le Tigre : des centaines de moutons qui partent en transhumance, plus au sud, en direction de la Syrie et ils doivent traverser l’unique pont qui enjambe le Tigre par ici…
Et mon plaisir de la culture du temps et de la vie ici est sans pareille : pas de passage en force, pas de klaxon alors qu’il y en a pour près d’une demi-heure.

Les moutons partis, je déambule dans mon village, saluant les uns, rencontrant les autres, et mes pas m’emmènent à Ramazan Usta, notre lieu de regroupement habituel et vois avec joie Rustem arriver, avec dans ses mains un exemplaire du guide pour lequel j’avais fait les traductions cet été.

Et puis…et puis Baba arrive à son tour, et son « i missed you so much » lorsque je l’embrasse me tire les larmes des yeux. On se raconte ces derniers mois, et…on part pêcher.

Ici, la pêche, c’est sur une chambre à air, un filet immense, et dériver sur le Tigre. Et je tiens le poste de celle qui récupère les poissons sur la berge quand les filets sont remontés. 1h plus tard nous voilà bien chargés, il n’y a plus qu’à rentrer les préparer !

Kadir découpe et farine les petites bêtes, Hamit s’occupe de la Cuisson et d’autre la salade et se chargent de mettre la table pour 15. J’avoue que voir les hommes tout prépar est assez agréable…on me confie la responsabilité de la bouteille de coca…

Et si le hasard n’existe peut-être pas…il fait parfois bien les choses : sur la bouteille que je pose sur la table il est écrit : Ailem, ce qui veut dire ma famille.

Et en parlant de famille…il est l’heure d’aller rencontrer la fille d’Hamit, le trésor inespéré de la vie. La porte s’ouvre sur une petite maison remplie d’enfants, et c’est dans la chaleur de ce foyer qu’on me met Zeynep dans les bras. Gazouillis, sourires, photos, larmichettes, je suis si heureuse pour eux…

Mais ce soir c’est samedi, on sort entre jeunes : ici ça veut dire aller squatter un çardak, se préparer du thé, discuter, manger des graines, jouer aux cartes et se faire un feu en bord de Tigre pour se réchauffer.

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