moutons

Moutons, poissons et famille.

1er novembre

J’ai passé une nuit merveilleuse en ayant retrouvé ma petite maison à Hasankeyf.

Mais pas l’envie de traîner au lit : je veux voir mes amis. Je les retrouver au café de Kadir, ils arrivent au compte-goutte, et les habitudes se reprennent facilement. Fromage, olive, pain, miel, tomates et concombres, le tout généreusement arrosé de thé, quand tout d’un coup, une animation particulière sur le pont qui enjambe le Tigre : des centaines de moutons qui partent en transhumance, plus au sud, en direction de la Syrie et ils doivent traverser l’unique pont qui enjambe le Tigre par ici…
Et mon plaisir de la culture du temps et de la vie ici est sans pareille : pas de passage en force, pas de klaxon alors qu’il y en a pour près d’une demi-heure.

Les moutons partis, je déambule dans mon village, saluant les uns, rencontrant les autres, et mes pas m’emmènent à Ramazan Usta, notre lieu de regroupement habituel et vois avec joie Rustem arriver, avec dans ses mains un exemplaire du guide pour lequel j’avais fait les traductions cet été.

Et puis…et puis Baba arrive à son tour, et son « i missed you so much » lorsque je l’embrasse me tire les larmes des yeux. On se raconte ces derniers mois, et…on part pêcher.

Ici, la pêche, c’est sur une chambre à air, un filet immense, et dériver sur le Tigre. Et je tiens le poste de celle qui récupère les poissons sur la berge quand les filets sont remontés. 1h plus tard nous voilà bien chargés, il n’y a plus qu’à rentrer les préparer !

Kadir découpe et farine les petites bêtes, Hamit s’occupe de la Cuisson et d’autre la salade et se chargent de mettre la table pour 15. J’avoue que voir les hommes tout prépar est assez agréable…on me confie la responsabilité de la bouteille de coca…

Et si le hasard n’existe peut-être pas…il fait parfois bien les choses : sur la bouteille que je pose sur la table il est écrit : Ailem, ce qui veut dire ma famille.

Et en parlant de famille…il est l’heure d’aller rencontrer la fille d’Hamit, le trésor inespéré de la vie. La porte s’ouvre sur une petite maison remplie d’enfants, et c’est dans la chaleur de ce foyer qu’on me met Zeynep dans les bras. Gazouillis, sourires, photos, larmichettes, je suis si heureuse pour eux…

Mais ce soir c’est samedi, on sort entre jeunes : ici ça veut dire aller squatter un çardak, se préparer du thé, discuter, manger des graines, jouer aux cartes et se faire un feu en bord de Tigre pour se réchauffer.

Continue reading