Vivre dans un aéroport...volontairement

Du 08 au 10 mai 2015 :

Mon avion en provenance de Batman a atterri à Istanbul au milieu de la nuit.

J’ai le moral dans les chaussettes, et je traine pour m’installer dans mon hôtel préféré : le Burger King de l’aéroport et ses célèbres banquettes.

Le matin arrive…mais pas la motivation. Je traine mes guêtres, je n’arrive pas à franchir la porte qui donne sur la ville. Je suis bien ici. J’achète un livre et le lis…

La première journée passe…et puisque je dois revenir le dimanche 10 pour récupérer ma meilleure amie à qui j’ai offert une semaine en Turquie…l’idée de passer les deux prochains jours et nuits ici s’installe dans mon petit cerveau.

C’est ainsi que je vais découvrir l’envers du décor.

Je fais amie-amie avec la dame qui nettoie les toilettes…qui a rigolé la première fois qu’elle m’a vu me « laver », mais qui sera là pour m’aider le dimanche matin pour me faire ma couleur en me racontant la vie de ses enfants.

Je suis repérée par le vendeur de Simit de l’aile ouest, qui me voit passer d’un coin à l’autre et qui m’offre d’aller fumer une cigarette pensant que je suis une jeune fille perdue et sans le sou. On sort par la grande porte et on se raconte encore, et c’est à lui et lui seul que j’achèterais mes simits et mon eau jusqu’au dimanche.

Et puis il y a cet homme tout énervé avec les douaniers juste à côté de moi. Il peste en français de temps en temps, mes oreilles trainent alors que je suis assis par terre à attendre que mon téléphone charge…les douaniers parlent en turcs et s’en vont. J’explique à l’homme ce qu’ils ont dit et il s’assied à côté de moi en m’expliquant son problème : triple nationalité, un seul passeport avec lui et des délais de visas foirés, bref on ne veut pas qu’il monte dans l’avion pour rentrer à Paris. Je lui explique que je reste ici 3 jours…et on passera la journée à boire du thé et à parlementer avec les douaniers. Il a besoin de document depuis la France et c’est grâce à la carte Sim offerte par mes amis que nous pourrons recevoir les mails de sa femme.

Etre au bon endroit au bon moment.

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Je parle aux flics en turco-anglais, on finit par rire, ils valident les documents s’excusent et lui offrent une nuit dans un 5 étoiles où il me propose de l’accompagner pour me remercier de mon aide précieuse…et je refuse !

Il me dit que je lui fais penser à cet homme Mehran Karimi Nasseri, qui a vécu 18 ans dans le terminal 1 de Roissy (et dont il existe un film avec Tom Hanks appelé le Terminal). Et je dis au revoir à Albert.

Et puis, nous sommes Dimanche, mes larmes sont sèches et Audrey va arriver…

 

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Commentaires (1)

1. sassot Claude Jeu 24 Sept 2015

merci de partager ces moments uniques !!!

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