Stopper à Suruç, et voir Kobané

30 octobre 2014 :

La matinée est pluvieuse et grise, mais le petit-déjeuner (kahvalti) offert par la maman de Muslum met des couleurs dans mon estomac! Ici c'est le royaume de la pistache, et je goute pour la première de la confiture à base de cet ingrédient! Et puis omlettes, fromage, olive, tomates. Je ne peux plus bouger alors je me contente d'écouter Muslum me parler de la civilisation Ottoman dont il est fan.

Les au-revoirs donnent lieu aux premières larmes...ce petit bout de femme restera longtemps dans mon coeur.

Muslum et sa maman

Et après avoir fait un tour chez les militaires car Muslum doit partir faire son service obligatoire d'un an dans un mois, il tient à me payer le bus, ce que je tente de refuser.  Alors je ruse, en lui disant oui, et essaye de tenir ma promesse faite de ne pas pleurer en me cachant dans mon foulard.
On voyagera ensemble après son année à l'armée, j'espère que tout se passera bien pour lui.

Pour moi aussi, car, mon sale caractère fait que je veux savoir, voir de mes propres yeux..alors je saute du dolmus à Suruç. Kobané est juste en face, à 6 km, et ma plus grande surprise est le calme inattendu que je trouve ici. Des  milliers de réfugiés transitent par ici, et les turcs montrent encore leur solidarité en leur offrant, gîte, couvert et souvent transport (les chauffeurs de bus gardent des places librent pour les prendre sur le bord de la route et leur permettre de rejoindre des grandes villes). Les habitants sont souriantes et m'offrent le thé, les journalistes sont omni-présents (je n'ai juste pas sorti mon appareil photo par prudence).

L'EI bombarde le nord de la ville de Kobané dans le but d'empêcher les peshmergas irakiens arrivant de Turquie de rejoindre le front, mais échoue, les kurdes réussissant encore à les repousser.
Et les turcs à qui j'en parle sont d'accords, l'EI ne viendra jamais en Turquie, et si Kobané avait dû tomber, ce serait déjà fait!

Alors je reprends ma route et...lève mon premier doigt, comme pour faire un f*** à la peur, j'attaque le stop.

Il ne durera pas longtemps, un accident nous bloque plus d'une heure, et arrivée à Urfa, l'obscurité est trop proche pour moi. Je vais prendre un dolmus!

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