Gueule de bois.

Jour 54 : Dimanche 10 Juillet

Le réveil à trois me semble un peu irréel. Il faut le temps à nos esprits de réaliser où nous sommes et surtout pourquoi.
Y'a comme un effet "lendemain de soirée" et gueule de bois. Sauf qu'on a pas bu une goutte de vodka!

C'est la faim qui nous fait quitter notre chambre, et comme promis au tenancier cette nuit, nous prenons nos petit-déjeuners au restaurant de l'hôtel pour le remercier d'avoir accepté la présence de trois vagabonds trempés dans une chambre de deux places...
La musique mongole, qui a tendance à passer en boucle, partout, tout le temps, nous oblige au silence.
Un peu hébétés, un peu désolés. Les derniers jours, le monde nous a montré sa face sombre. Et c'est un coup de massue pour les optimistes que nous sommes.
Nous remontons dans nos pénates, et c'est Anna qui explose la première. La colère nous innonde. Nous revivons la scène d'hier soir en boucle jusqu'à...
Jusqu'à ce que je décide de me battre. Je pense à tous les voyageurs qui pourraient arriver là-bas, jeunes ou non, fragiles, et je refuse de laisser à cet homme la possibilité de refaire du mal à quelqu'un. Ne pouvant me permettre de le faire réellement disparaître, j'envisage simplement de le faire disparaitre des réseaux de volontariats sur internet où il propose de rejoindre leur ranch pour vivre une "expérience hors du commun". Anna et Willem me suivent.

La connexion Wifi nous permet de retrouver d'autres volontaires en colère, à qui nous demandons d'écrire aux sites qui référencent l'Arnaque Ranch. Et nous faisons un rapport, long et détaillé, chacun.

3 heures plus tard, la bataille à creusée ses tranchées dans nos estomacs. Qu'à cela ne tienne, nous sommes dans une ville, nous allons pouvoir manger à notre faim!
Nous voilà tout content d'avoir fait une bonne action et c'est fleur au fusil et sourire aux lèvres que nous nous lançons à l'assault de Darkhan.

En moins de dix minutes, nos sourires ont disparus...

Nous avons tous en tête les sublimes images de la Mongolie qu'on voit dans les documentaires style National Geographic sur Arte : animaux "sauvages", étendues naturelles sublissimes, traditions, coutumes locales, yourtes et Mongoles souriant.
Je découvrirai bientôt que oui, ça existe...

Mais il y a l'autre partie de ce pays, que je pensais naïvement cantonné à Oulan Bator : la vie urbaine
Et celle-là...ne vend pas du rêve

Nous découvrons la ville en plein jour...mais les rayons de soleil n'y peuvent rien : c'est laid.
Architecturalement parlant on a un mélange d'immeuble post-communisme jamais entretenus et de bidonville. 
Mais ça, ça peut être subjectif.
Par contre on rencontre aussi la population. 
Pour bien comprendre la vie en ville en Mongolie, il faut garder en tête que beaucoup des nomades ont voulu se sédentariser pour avoir plus de confort dans une ville moderne. Sauf qu'il n'y a pas de travail
Quand les gens ne travaillent pas ici...ils boivent.
Beaucoup.
Trop.

Et c'est assez perturbées que je déambule dans les rues, au milieu de mes deux compagnons, et que mes yeux ne se posent que sur des ivrognes. Hommes, mais aussi femmes, de 15 à 70 ans. Complètement imbibés.
Nous faisons un détour pour éviter une femme couchées à même la terre boueuse du trottoir qui parle à son mouchoir. 
Nous rebroussons chemin quand un groupe d'hommes tanguant s'approche de nous avec des sourires malveillants.
Nous accélerons le pas quand dans la rue suivante, un homme flottant dans ses vêtements veut nous faire des câlins...alors qu'une tâche humide apparait entre les deux jambes de son jean et descend jusqu'à ses pieds nus...

Ok. Là, c'est est trop. Nous nous cachons dans un restaurant où nous espérons qu'il ne rentrera pas... la faune intérieure ne vaut pas mieux...aussi nous avalons une soupe de riz et rentrons à notre hôtel avec une ration de snack et autres gourmandises : si on matait un film sympa là, pour oublier?

L'après-midi passe ainsi.
A la recherche d'un plan aussi.

Alors que nous nous racontons nos vies avec Anna, me revient en mémoire une vieille dame, à qui j'avais acheté des fruits secs, qui m'a parlé d'un temple dans la région...Je farfouille l'internet pour trouver plus d'information, quand bim!, une image apparait. 
Anna et Willem valide, demain nous irons là-bas en stop tous les trois.

En attendant, on se faufile pour acheter des bières...histoires d'être couleur locale, et parce que l'alcool nous aidera peut-etre à retenir le nom de la prochaine destination : 
Le monastère d'Amarbayasgalant!

(avoue, t'as galéré à le lire ;) )

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