voyage

A l'origine était la Paix

Jour 55 : Lundi 11 Juillet

Le réveil qui sonne nous annonce une belle journée! 
Un peu obligé! Après les 3 derniers jours, l'équilibre de la vie doit nous offrir notre lot de positif. On le sent, on le renifle.

Tout est rapidement empaqueté, la chambre rangée, le petit déjeuner avalé. 
Tout ça pour nous diriger vers la gare routière à la sortie de la ville en direction d'Oulan Bator, puisque l'internet nous dit qu'il y a des bus qui rejoignent Edrenet, une ville plus à l'ouest, et qu'ils seraient donc susceptibles de nous lâcher au niveau de la route du Monastère d'Amarbayasgalant.

Les trois optimistes que nous sommes arrivons donc toutes dents dehors au guichet de la gare routière, et nous essayons d'expliquer notre souhait à l'agent qui y officie.
L'absence de langue commune pourrait sembler contraignante, mais ce qui l'est finalement plus, c'est de tomber sur quelqu'un qui ne VEUT PAS vous aider. Aucun effort, après avoir reçu un non à plusieurs reprise, la sympathique personne invite la personne dernière nous.

On ne va pas passer la journée à essayer  : on part! 
A pieds.
Et une fois sur la bonne route, nous levons le pouce. Oui, oui, tous les trois!

Les blogueurs et voyageurs m'avaient dit que, seule, je n'y arriverai pas...alors à trois...on peut nous prendre pour des fous, mais...à coeurs vaillants, rien d'impossible.

Et c'est le coeur gonflé que nous voyons la première voiture s'arrêter...avec ses sièges arrières vides! Le temps d'une négo, et nous voila embarqués, à l'aise,  à faire connaissance avec le couple de russes qui nous permet de rejoindre l'embranchement de la piste menant au temple.

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Une petite guitoune servant de restaurant se dresse à gauche du carrefour, nous y allons, un groupe de français y étant installé, j'espère secrètement pouvoir parler avec eux afin de voir s'ils vont dans notre direction et s'ils ont de la place...parce qu'à part nous tous...pas un chat!

La déception d'apprendre qu'ils n'ont pas de place est vite remplacée par le dégout gustatif : en effet, on nous a gentimment proposé de prendre un thé, le çay mongol...je cherche depuis 6 mois ce qui peut bien faire qu'on appelle ça du thé : le gras du jus de viande qui colle sur les parois de la tasse a atteint ma rétine au moment où la première gorgée de liquide atteint ma bouche...je n'arrive à identifié que le sel, le lait de yak et le jus...le tout tiédasse...Je m'abstiens lorsqu'on me propose la seconde tasse :).

Plutôt que d'attendre les véhicules qui sont rares et souvent remplis à ras bord, nous décidons de commencer à marcher, on nous a dit environ 10 km...c'est faisable!
Un véhicule finit par s'arrêter, mais il est déjà assez plein, il ne peut en prendre que deux bien serrés. Je dis à Anna et Wilelm d'y aller, malgré les réticences de ce dernier : j'ai une tente, ce qu'il n'a pas, de quoi faire du feu, et j'ai l'habitude.

Je leur fais coucou en les regardant s'éloigner sur la piste, la voiture basse parce que chargée, et me mets à chantonner pour me donner de l'entrain. 
Une voiture est en panne un peu plus loin : le moteur a chauffé, ils ont besoin d'eau pour le radiateur, je leur offre l'eau de ma gourde et repare, n'ayant aucune qualité de mécanicienne.
Je suis agréablement surprise de les voir me rattraper une demie-heure plus tard : ils ont pris le temps de réorganiser les bagages pour que je puisse monter!
C'est ainsi que nous partons pour une heure et demie d'ascensions et de descentes sur les collines environnantes, entre champs de fleurs mutlicolores, steppes et forêt.

Puis, la vallée se découvre et le spectacle est magique : des GERs (yourtes) comme des petites tâches blanches éparpillées de ci de là, entre lesquelles serpentent quelques ruisseaux et rivières, moutons, chevaux, yaks paissant et traversant d'une rive à l'autre, se régalant tranquillement de cette belle herbe verte et grasse, les montagnes qui nous encerclent et loin, là-bas, au fond, on devine les toits du temple d'Amarbayasgalant
Une vraie peinture.

Je retrouve mes deux amis, et les passagers de ma voiture nous indique le camp de ger où ils vont passer la semaine, nous les suivons, seuls étrangers, et la propriétaire nous propose un prix d'amis : nous voilà donc en train de poser nos sacs dans notre tente : lits traditionnels, tonneau en métal pour le chauffage, et les sourires de nos voisins qui viennent à notre rencontre pour nous proposer de goûter à leur alcool de lait de yak fermenté où leur petits khuusuur (prononce rouchour).

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Apres les jours difficiles lors de notre passage au ranch maudit et à Darkhan, le calme d'ici nous remplit l'âme.
 

La fin d'après-midi nous entraîne vers les collines environnantes et nous grimpons jusqu'au stupa principal et faisons tourner tous les moulins à prières
Nous continuons notre ascension pour rejoindre le totem de la colline suivante et chacun assis dans son coin, le vent dans les fanions colorés comme musique de fond, nous admirons la vie de la vallée.

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Les chevaux s'ébrouent, soulevant la poussière, les troupeaux de yaks ou de moutons guident leurs gardiens jusqu'à l'endroit où ils passeront la nuit, les aigles et autres rapaces tournoient à la recherche de leur apéritif, les rires  des moins jouant au football dans le soleil couchant montent jusqu'à nous, et les couleurs du temple rosissent.
Entourés de montagnes, comme protégés des restes du monde, si l'on me pose la question, je crois que oui, c'est ici, dans cet endroit qu'est née la paix.

Celle de l'intérieur aussi.

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La nuit, son obscurité et sa fraicheur viennent de tomber, nous regagnons notre ger pour nous coucher.
L'équilibre s'est fait : les galères des derniers jours valaient mille fois cette journée.

 

Premier pas kirghizes

Jour 41 bis : Mardi 28 juin

Le bâtiment de la douane derrière moi, le second contact avec la population kirghize est aussi bon que le premier : le petit changeur de monnaie me donne même l'adresse de ses cousins à Bishkek, au cas où!. 
Ils veulent échanger et partager ici. Je frétille toujours!

Résultat le stop est simple, j'indique Jalal Abad, parce que je trouve le nom rigolo et...le couple qui s'arrêtent y va. Sans que je comprenne quoi que ce soit me voilà avec un samsa dans une main et l'ayran local dans l'autre à essayer de faire des gestes pour communiquer avec Yildiz et son frère. Une chance que leur langue ressemble pas mal au turc grâce aux racines communes.

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Un petit vieux et ses petits-fils, et un fonceur en mercedes plus tard, je me dis que je vais continuer encore...

Alors que je marche une voiture avec deux types un peu bizarres...le passager me parle turc, je lui réponds. Il baisse ses lunettes quand je lui dis que je suis française et me demande où je vais. Au culot, je lance un petit Bishkek...lui et son cousin aussi, hop je grimpe.

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Quel bonheur de pouvoir communiquer aisément!! Doublement puisqu'il parle quand même un peu anglais.

Lui est chanteur, de retour de tournée (je prie pour retrouver mes notes mais il me manque un cahier pour partager ça...), et nous avons roulé pendant 10h, mes yeux émerveillés après chaque lacet, ou légérement flippés dans le tunnel de la mort, illuminés par la lune qui se reflète dans les neiges éternelles, et à moitié fermés quand j'arrive dans une auberge de jeunesse à 3 heures du matin.

Une vague histoire relou avec un chauffeur de taxi a fait que j'ai  du déranger un couple, plus ravi de pratiquer l'anglais que d'autres affaires, pour arriver à bon port. 

Mais au moins à 4heures, je dors!

Montagne et rivière

Jour 38 : Samedi 25 juin 2016

Après une dernière baignade rafraichissante, nous quittons Aydar Kul pour prendre les routes sinueuses et..éboulées qui longent les sommets nous menant Bulakbashi.
La vue sur le lac, et le désert de Kyzyl Kym est splendide et les volutes de chaleur laissent imaginer le Kazakstan derrière elles.

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L'après midi se poursuit en douceur, notre objectif étant de trouver un lieu frais au bord d'une rivière pour un dernier campement frauduleux...ouh làlà, on ne s'est pas enregistrés pendant 2 nuits!!! -en espérant que les autorités ne nous le fassent pas payer à la sortie!

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Chose faite, l'apéro dure bien plus longtemps que le repas. Commencé avec nos tronches émerveillées devant le passage à gué d'un troupeau de chevaux, il finit tard dans la nuit, les tronches dans le même état devant cette voie bien lactée.

Au dessus de la Caspienne

Jour 29 : jeudi 16 juin 2016 (bis)

Il es 2h00 du matin. L'avion va décoller pour Baku, et en l'attendant j'ai rencontré deux ouzbeks de Samarcande.

Je remarque que tout le monde quitte son voile dès la porte de l'avion fermée. Sauf moi. Je galère trop avec mes cheveux qui repoussent...comme quoi...

Baku, Azerbaidjan. 5h00 du matin. Et un soleil resplendissant.
L'aéroport est moderne et écolo. Je dors dans un cocon pendant les 8 prochaines heures.

On redécolle.
La vue est sublime. Les couleurs de la Caspienne et les dégradés du désert khazak nous emmènenent dans un autre monde.

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17h. J'arrive à Tashkent, capitale Ouzbek et après avoir changé les 40 dollars qui me restent à l'aéroport, je rejoins à pied l'auberge Topchan où je dois rester 2 jours.

 

Craquage ferroviaire dans le désert

Jour 24: 11 juin 2016

J'ai quitté Mo', sa soeur, sa maman et mes nouveaux amis zurichois (qui eux ont eu leur visa turkmène), pour retourner à Téhéran et à une connexion internet plus efficace pour trouver le moyen de rejoindre l'Ouzbékistan.

Pour cela, Mo m'a conseillé le train...une nouvelle grand expérience : 13H sous le soleil du désert iranien...sans climatiseur ni assez d'eau alors que mo thermomètre afiche plus de 48...
Alors que je commençais à devenir dingue, et à vouloir enlever tous mes vêtements (oui oui même mon voile!!! grande folle que je suis), un couple a tout fait pour me calmer, à base de pastèque et de mots farsi.

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Je suis arrivée à Téhéran à minuit, et j'ai rejoins l'appartement de Shahab, rencontré sur les rives de la mère Caspienne et toute sa petite famille m'attendait pour diner...eux et...deux acteurs dont Pegah Ahangarani, !!!

De l'Armenie iranienne

31 mai 2016 : jour 13

Réveil matinal à Kashan pour rejoindre l'appartement de la famille de Rasa à Ispahan.

Elle propose de me faire découvrir laville et nous passons par l'église arménienne de Vank, pour rejoindre la place Naghsh-e Jahan et sa magnifique mosquée.

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La ville est très agréable et les gens extremement sympathiques et chaleureux! La balade au pont Si-o-se Pol (33arches!!!! Oui : 33!!!!) se fait au gré des invitations de thé ou de selfies.

Le soleil se couchant, nous rejoignons deux amis arméniens qui ont fabriqué du vin...ce qui accompagne parfaitement le jambon >_<.

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Amitié variée

Jour 8 : 26 mai 2016 

Aujourd'hui j'ai passé la journée avec Bahar à se raconter nos vies de filles et surtout j'ai copiné avec...un aigle!!!!

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2 heures de bus pour rejoindre Sason : ici tout est vert et frais.

Mehmet m'attend avec des collègues prof de sport.

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Le temps d'un thé pour faire connaissance nous allons nous promener dans les forêts environnantes avant de rentrer dîner et de passer la soirée en mode "bière foot"!

Halfeti-Hasankeyf...expression du coeur

Jour 6 : 24 mai 2016

La douceur de vivre a malheureusement une fin...et c'est le coeur mouillé que je dis au revoir à ma "maman", pire pour ma nouvelle soeur...et encore plus dur pour Muslum qui m'accompagne à Birecik sur fond de Jimmy Hendricks!

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Mais je prends la route...longue route pour Hasankeyf où cette fois je retrouve mon Baba qui joue aux cartes!