HasanKeyf

Amitié variée

Jour 8 : 26 mai 2016 

Aujourd'hui j'ai passé la journée avec Bahar à se raconter nos vies de filles et surtout j'ai copiné avec...un aigle!!!!

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2 heures de bus pour rejoindre Sason : ici tout est vert et frais.

Mehmet m'attend avec des collègues prof de sport.

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Le temps d'un thé pour faire connaissance nous allons nous promener dans les forêts environnantes avant de rentrer dîner et de passer la soirée en mode "bière foot"!

Chèvre à Hasankeyf et McDo à Istanbul

Jeudi 14 Mai 2015 :

La nuit dans notre hébergement semi-troglodytique à l’Hasankeyf Teras Café se termine et une belle journée commence avec un petit-déjeuner d’ici : accompagné d’un bon lait de chèvre chaud. Humm…un régal !

Après une petite toilette, nous enfilons nos baskets pour découvrir le site : j’emmène A. se promener  dans les canyons, rencontrer les biquettes qui nous ont nourri ce matin, et errer parmi quelques ruines, elle qui aime les cailloux, elle est servie !

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Un petit tour vers Ramazan Usta, des patisseries avec Ahmet, un cours de turban avec Ali, le berger le plus célèbre du village (qui à l’heure où j’écris ces lignes est devenu jeune marié !), et puis encore et toujours des sourires et des thés avec les amis.

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Bahar nous rejoint dans mon QG, pour quelques instants ensemble…les derniers avant longtemps. Et je lui offre mon gilet bleu qu’elle aime tant au moment de la serrer fort dans mes bras. 

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Et c’est à nouveau Ahmet qui nous emmène en direction de Batman où rejoindrons l’aéroport.

Il nous réserve une dernière surprise et nous invite à diner pour faire gouter d’autres délicieuses choses à Audrey, dont l’ayran.

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Mon cœur se serre quand il doit partir car nous allons passer les portiques : je lui promets de prendre soin de moi comme lui me promet de le faire pour les siens. Et il repart sous la pluie.

Pour rire un peu, nous filons dans les toilettes des femmes afin de faire une photo avec le maillot de foot de l’équipe du village qui m’a été offert par mes camarades.

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Et après avoir été copieusement draguées par les hommes de la sécurité (nononon, les deux françaises ne se sont pas du tout fait remarquer), nous prenons place à bord de notre avion qui nous ramène à Istanbul.

Récupération de nos bagages et direction les banquettes du Burger King…qui ont été prises d’assaut pendant que nous réglions par téléphone une sorte de turkish drama sentimental.

On se rabat donc sur celles du McDo, où nous clochardons les quelques heures qui nous séparent du lever du soleil...

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Journée intense et pleine d'émotions!

Mercredi 13 mai 2015 (suite) :

Nous quittons le sommet du Mont Nemrut et rentrons à la pansyon de Murat où le petit-déjeuner nous attend. Un régal grâce auquel nous faisons le plein d’énergie car nous ne le savons pas encore mais la journée s’annonce intense !

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Nous disons au revoir à la famille de notre hôte et nous grimpons dans un dolmus qui nous redescend sur la route principale. Si l’année dernière avait été facile grâce à ma rencontre avec Karena, Muslum et Nazim, qui sont désormais des amis, aujourd’hui…c’est plus dur…

Le soleil est chaud, et les voitures…sont pleines !!! Toutes !!! Nous marchons donc…longtemps…et si c’est agréable dans les pentes…les côtes nous paraissent interminables.

Jusqu’à ce monsieur et son pick-up qui nous délivre après une longue heure en pleine chaleur. Nous découvrons lorsqu’il nous dépose à destination…qu’il a dépassé la sienne depuis longtemps. Je ne me remettrais jamais de cette générosité et aide turque !

La seconde étape va consister à embarquer sur un ferry pour traverser le fleuve que nous apercevions ce matin depuis le Mont Nemrut : le mythique Euphrate !

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Une fois à bord nous papotons avec quelques curieux de voir deux jeunes femmes perdues par ici, nous prenons des selfies vachement drôles et hop nous posons la basket de l’autre côté !

Une pause pipi s’impose, pendant que les voitures débarquent et s’engagent sur l’unique route qui quitte ce lieu. Pas d’inquiétude pour nous, d’autres arriveront lors de l’aller-retour suivant. Ce qui nous laisse une demi-heure que nous décidons de rentabiliser en commençant à marcher.

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La route creusée entre deux parois rocheuses nous parait interminable…l’ombre, inexistante…et les voitures n’arrivent pas. Nous jouons à grimper sur les murs ocres recouverts de coquelicots le temps d’une séance photo…et les voitures n’arrivent pas.

 

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Nous repartons, pleines de motivation et attaquons la côte douloureuse, et les voitures n’arrivent pas. Nous nous planquons sous un petit pont qui enjambe la route pour nous abriter sous son ombre…et les voitures n’arrivent pas. Nous échafaudons toutes les hypothèses : pause repas ? plus de voitures ? fermeture du ferry pour la journée ? cap(ot) d’invisibilité…et les voitures n’arrivent pas !

Ce n’est qu’une heure et demi après notre départ de Feribot que nous entendons un bruit de moteur ! Mirage auditif ? Suivi d’un mirage visuel ? Non enfin, le service à du reprendre…la première ne sera pas la bonne, et la seconde nous passe sous le nez. Nous attendons la 3ème depuis 5 minutes quand nous voyons la seconde arriver en marche arrière : à son bord deux petits jeunes, une liasse de billets surprenante que nous espérons destinée à un garagiste pour réparer l’épave dans laquelle nous montons et qui nous permet d’arriver à Siverek !

Une pause s’impose : gâteaux, chips et beaucoup d’eau (dont nous offrons la moitié à un couple d’handicapés) et le temps pour A. de découvrir les tenues locales des kurdes de Turquie, et le plaisir de voir des charrettes tractées par des ânes en pleine ville.

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Un bus scolaire s’arrête à notre hauteur, les enfants veulent tous nous parler et le chauffeur prend le temps de nous laisser échanger en turc et en anglais, avec une série de photo tous ensemble !

Et puis…on continue, trois km de camionnette plus tard grâce à un jeune homme charmant qui nous offre le thé, nous finissons par atterrir dans la voiture de deux membres du HDP de Diyarbakir. Ne parlant que turc, Audrey décroche et en profite pour dormir (on est debout depuis 3h du matin, elle l’a bien mérité), pendant que je veille sur nous en faisant la conversation.

Diyarbakir est enfin devant nous, et Ergin nous fait changer de voiture pour nous emmener à la sortie de la ville en direction de Batman.

Nous sommes alors en train de marcher sur le trottoir, qu’une voiture s’arrête à notre hauteur, remplie d’hommes, d’une cinquantaine d’années, et l’un deux insiste pour nous donner sa carte en nous disant que s’il nous arrive quoi que ce soit, si on a besoin de quelque chose, on l’appelle. Je vous ai dit que j’aimais ce pays ?

Ils continuent leur route quand cette fois, c’est un camion et son chauffeur qui nous accostent. Un vieux monsieur à grand sourire…nous décidons d’accepter ! Et nous avons bien fait !

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Nous attendons de voir si le pare-brise finira plus brisé que paré, tout en étant en classe de kurde/turc – il a décidé d’initier Audrey – et c’est quasi bilingues que nous descendons dans une rue de Batman à grand coup de à bientôt et merci pour ce moment extra.

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Le camion à peine parti, je réalise que j’ai laissé ma sacoche appareil photo dans la cabine…et c’est sous le regard médusé des passants que je cours le plus grand sprint de ma vie pour rattraper le camion…tout en essayant de ne pas perdre A.

La sacoche dans mes mains, j’essaye de reprendre mon souffle et de me remettre mon cœur à un rythme plus proche du métronome que de la crise cardiaque et nous pouvons continuer notre route…longue route à pied pour traverser Batman et lever à nouveau nos pouces vers la pancarte qui indique le village de mon cœur : Hasankeyf !

Nous voilà prise en charge par deux gars rigolos et A. peut s’en mettre plein les yeux lorsque nous commençons à longer le Tigre et que les vestiges de la vieille cité de 12 000 ans apparaissent sur la falaise qui borde le fleuve.

Le soleil de fin de journée nous accueille devant la tombe de Zeynel Bey et c’est ainsi que nous rejoignons le centre du village où je retrouve amis et famille.

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Igp7158Le vin à rendu notre photographe aussi flou que la photo...

La soirée à l’Hasankeyf Teras Cafe & Restaurant, où Fevzi nous nourrit et nous loge est douce. Et alors qu’Audrey est bien installée dans l’une des grottes, je m’endors bercée par le son du Tigre qui ronronne en contrebas.

Vivre dans un aéroport...volontairement

Du 08 au 10 mai 2015 :

Mon avion en provenance de Batman a atterri à Istanbul au milieu de la nuit.

J’ai le moral dans les chaussettes, et je traine pour m’installer dans mon hôtel préféré : le Burger King de l’aéroport et ses célèbres banquettes.

Le matin arrive…mais pas la motivation. Je traine mes guêtres, je n’arrive pas à franchir la porte qui donne sur la ville. Je suis bien ici. J’achète un livre et le lis…

La première journée passe…et puisque je dois revenir le dimanche 10 pour récupérer ma meilleure amie à qui j’ai offert une semaine en Turquie…l’idée de passer les deux prochains jours et nuits ici s’installe dans mon petit cerveau.

C’est ainsi que je vais découvrir l’envers du décor.

Je fais amie-amie avec la dame qui nettoie les toilettes…qui a rigolé la première fois qu’elle m’a vu me « laver », mais qui sera là pour m’aider le dimanche matin pour me faire ma couleur en me racontant la vie de ses enfants.

Je suis repérée par le vendeur de Simit de l’aile ouest, qui me voit passer d’un coin à l’autre et qui m’offre d’aller fumer une cigarette pensant que je suis une jeune fille perdue et sans le sou. On sort par la grande porte et on se raconte encore, et c’est à lui et lui seul que j’achèterais mes simits et mon eau jusqu’au dimanche.

Et puis il y a cet homme tout énervé avec les douaniers juste à côté de moi. Il peste en français de temps en temps, mes oreilles trainent alors que je suis assis par terre à attendre que mon téléphone charge…les douaniers parlent en turcs et s’en vont. J’explique à l’homme ce qu’ils ont dit et il s’assied à côté de moi en m’expliquant son problème : triple nationalité, un seul passeport avec lui et des délais de visas foirés, bref on ne veut pas qu’il monte dans l’avion pour rentrer à Paris. Je lui explique que je reste ici 3 jours…et on passera la journée à boire du thé et à parlementer avec les douaniers. Il a besoin de document depuis la France et c’est grâce à la carte Sim offerte par mes amis que nous pourrons recevoir les mails de sa femme.

Etre au bon endroit au bon moment.

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Je parle aux flics en turco-anglais, on finit par rire, ils valident les documents s’excusent et lui offrent une nuit dans un 5 étoiles où il me propose de l’accompagner pour me remercier de mon aide précieuse…et je refuse !

Il me dit que je lui fais penser à cet homme Mehran Karimi Nasseri, qui a vécu 18 ans dans le terminal 1 de Roissy (et dont il existe un film avec Tom Hanks appelé le Terminal). Et je dis au revoir à Albert.

Et puis, nous sommes Dimanche, mes larmes sont sèches et Audrey va arriver…

 

Derniers jours à Hasankeyf...

04 Mai 2015 :    

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Une soirée mariage où je danse avec Bahar et ses sœurs, et un retour plus que pluvieux en pleine nuit.
Et la joie de retrouver Murat, photographe d’Urfa que j’avais rencontré à Erevan.

 

05 Mai 2015 :

Je suis malade…je fais un tour à l’hôpital de Batman, mais les biquettes sont drôles et me font rire!

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06 Mai 2015 :

Dernière soirée ici à priori…le cœur gros…mais en forme de tomate !

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Merci à Fatih pour son cours de cuisine !

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07 Mai 2015 :

Je dis au revoir à tous mes amis. Je ne sais pas si la vie me ramènera par ici car bien qu’ayant prévu de me balader encore quelques jours en Turquie, tout dépendra du stop, et de la personne qui m’accompagnera cette fois-là…

Heureusement…les amis sont là pour nous faire sourire…je parle de la beauté de la chanson…rien à voir avec les chanteurs ;)

Et puis Ahmet et Fatma m'emmènent à l'aéroport...Sans oublier de s'arrêter pour partager un dernier repas ensemble!

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Hasankeyf et les dents

28 avril :

La vie à Hasankeyf…je suis avec mes amis. Ma famille. Je suis heureuse.

29 avril :

J’apprends à connaitre Ahmet, qui tient le salon de thé pâtisserie où je suis "obligée" de prendre mon petit-déjeuner tous les jours. Ancien professeur, et amateur de livres.

Et son employée, Fatma, jeune femme un peu perdue.

Ils m’aident tous les deux à améliorer mon turc puisqu’ils ne parlent pas d’autres langues. Et on se promène ensemble, quand l’envie leur prend de fermer la boutique pour aller me faire visiter grottes et autres canyons.

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30 avril :

Aujourd’hui c’est à un évènement particulier que je suis conviée ! Alors que je papote en buvant du thé (je suis définitivement une fille qui manque d'originalité! ;) ), mon papa vient me chercher et me propose d'aller voir sa nouvelle maison, sa femme et sa fille. Un peu de présence féminine me fait bien plaisir et nous partons au pas de course!
Le nombre impressionnant de paires de chaussures devant la porte aurait du me mettre la puce à l'oreille...il y a foule car c'est jour de fête!!
Ici, toutes les occasions sont bonnes pour se réunir et s'amuser : même la première dent d'une petite princesse ! Zeynep, la fille d’Hamit, mon baba local, a enfin sa Ilk Dis !!! Dolmas, ragout, thé, et….gâteau en forme de dent !!!!

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C’est aussi l’occasion de passer plus de temps avec les femmes du village, et de rencontrer Bahar et sa famille qui m’emmèneront prendre un dernier thé à l’ombre des arbres de leur jardin !

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A long way home!

27 AVRIL 2015

Ouvrir les yeux et rêver encore un peu.

Je m’étire comme un chat dans mes grosses couvertures moelleuses, enfile peignoir et pantoufles molletonnés et ouvre mes rideaux sur les montagnes enneigées.

C’est bientôt l’heure du petit-déjeuner. Gargantuesque :)

Et nous reprenons la route, sans Nilufer qui est hélas malade. Namik et Ergun ont prévu d’aller visiter Agri, et le mont Ararat, et me déposerons en chemin.

C’est à Karaköse que nos routes se séparent, malgré leurs tentatives de me garder avec eux. Mais mon esprit est déjà dans mon village et j’ai beaucoup de route si je veux l’atteindre ce soir. 

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ps : les trottoires sont hauts!

Me voilà donc chargée, et prête à marcher. Je me dirige vers la sortie de la ville, sur la route qui mène à Patnos.

Ici encore, les gens ne doivent pas voir de « touriste » souvent, encore moins une petite nana toute seule.
Je sourie en voyant ce monsieur en perdre la cigarette qu’il avait à la bouche ! Je réponds aux « bonjour » lancés, et au dernier virage, une voiture s’arrête, un homme me demande où je vais, je réponds Patnos ou Ercis.
Il m’invite à embarquer et nous voilà à nous présenter sur les routes sinueuses qui mènent à Patnos. La quarantaine (mais qui en parait 60), il explose d’un rire tonitruant quand je lui balance mes quelques mots de kurdes après qu’il m’ait demandé si je savais ce que c’était. Patnos passé, nous continuons en direction d’Ercis, ce qui m’arrange, mais me perturbe quand mon nouveau pote de transport me dit qu’il m’emmène où je veux, et qu’il veut voyager avec moi puisqu’il n’a rien à faire. Après une conversation à la limite du supportable, je lui fais comprendre que non je ne l’épouserais pas et l’invite lui ordonne de me déposer là.

Il finit par accepter après que j’ai sournoisement dit que je voulais aller aux toilettes. Et me voilà en mode ninja à raser les murs pour filer à l’anglaise derrière les toilettes à la turque. Je marche longtemps avant qu’un jeune charpentier me fasse monter dans sa camionnette et soit si fier de son lac que nous nous sommes arrêtés le temps de faire quelques photos et de boire un thé sur les rives de Van Gölu.

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C’est une famille, kurde également qui me permet de longer la fin du lac jusqu’à Tatvan, puis un jeune chauffeur de 36 tonnes qui me fera flipper dans les virages serrés, où il me regarde plus que la route et à les mains prises par son portable et une théière, au point que je descendrais au milieu de nulle part.

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Et c’est là que j’ai rencontré les champions du monde de la vitesse, dans leur belle sportive (dont-je-ne-me-souviens-pas-du-nom-parce-que-je-m-en-fiche-tant-que-ça-avance). A plus de 120 en slalom, un peu plus je me serais cru dans une batmobile, avec mes deux héros qui m’ont déposé avant la tombée de la nuit au rond-point habituel de cette ville au nom « marvélique ».

Je quitte Batman grâce à un banquier qui rentre à Midyat et me dépose à Hasankeyf, où je suis accueillie par mes amis qui avaient suivi mes péripéties en m’appelant toutes les heures parce que même là-bas…on s’inquiète.

Le temps de poser mon sac dans ma maison, d’aller diner au restaurant et voilà les habitudes qui reprennent avec l’absorption de plusieurs litres de thé dans la fraicheur de la nuit avec mes amis, ma famille, au bord du Tigre.

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Hasankeyf et Avenir

Vendredi 20 Mars :

Le soleil est revenu aujourd’hui, aussi, j’emmène Estelle visiter le village : la tombe de Zeynel, les anciens bains turcs, les canyons, les rues irrégulières, le Tigre…

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On papote avec les uns et les autres, on prend des nouvelles, on se raconte, et le soir venu, on boit du khave turc…(moi qui n’aime pas ça…j’ai fait l’effort) pour qu’Ali le Berger puisse lire notre avenir dans le marc du café.
Un moment mystique, qui se termine comme souvent ici, en musique...