Diyarbakir

Amitié variée

Jour 8 : 26 mai 2016 

Aujourd'hui j'ai passé la journée avec Bahar à se raconter nos vies de filles et surtout j'ai copiné avec...un aigle!!!!

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2 heures de bus pour rejoindre Sason : ici tout est vert et frais.

Mehmet m'attend avec des collègues prof de sport.

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Le temps d'un thé pour faire connaissance nous allons nous promener dans les forêts environnantes avant de rentrer dîner et de passer la soirée en mode "bière foot"!

Journée intense et pleine d'émotions!

Mercredi 13 mai 2015 (suite) :

Nous quittons le sommet du Mont Nemrut et rentrons à la pansyon de Murat où le petit-déjeuner nous attend. Un régal grâce auquel nous faisons le plein d’énergie car nous ne le savons pas encore mais la journée s’annonce intense !

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Nous disons au revoir à la famille de notre hôte et nous grimpons dans un dolmus qui nous redescend sur la route principale. Si l’année dernière avait été facile grâce à ma rencontre avec Karena, Muslum et Nazim, qui sont désormais des amis, aujourd’hui…c’est plus dur…

Le soleil est chaud, et les voitures…sont pleines !!! Toutes !!! Nous marchons donc…longtemps…et si c’est agréable dans les pentes…les côtes nous paraissent interminables.

Jusqu’à ce monsieur et son pick-up qui nous délivre après une longue heure en pleine chaleur. Nous découvrons lorsqu’il nous dépose à destination…qu’il a dépassé la sienne depuis longtemps. Je ne me remettrais jamais de cette générosité et aide turque !

La seconde étape va consister à embarquer sur un ferry pour traverser le fleuve que nous apercevions ce matin depuis le Mont Nemrut : le mythique Euphrate !

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Une fois à bord nous papotons avec quelques curieux de voir deux jeunes femmes perdues par ici, nous prenons des selfies vachement drôles et hop nous posons la basket de l’autre côté !

Une pause pipi s’impose, pendant que les voitures débarquent et s’engagent sur l’unique route qui quitte ce lieu. Pas d’inquiétude pour nous, d’autres arriveront lors de l’aller-retour suivant. Ce qui nous laisse une demi-heure que nous décidons de rentabiliser en commençant à marcher.

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La route creusée entre deux parois rocheuses nous parait interminable…l’ombre, inexistante…et les voitures n’arrivent pas. Nous jouons à grimper sur les murs ocres recouverts de coquelicots le temps d’une séance photo…et les voitures n’arrivent pas.

 

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Nous repartons, pleines de motivation et attaquons la côte douloureuse, et les voitures n’arrivent pas. Nous nous planquons sous un petit pont qui enjambe la route pour nous abriter sous son ombre…et les voitures n’arrivent pas. Nous échafaudons toutes les hypothèses : pause repas ? plus de voitures ? fermeture du ferry pour la journée ? cap(ot) d’invisibilité…et les voitures n’arrivent pas !

Ce n’est qu’une heure et demi après notre départ de Feribot que nous entendons un bruit de moteur ! Mirage auditif ? Suivi d’un mirage visuel ? Non enfin, le service à du reprendre…la première ne sera pas la bonne, et la seconde nous passe sous le nez. Nous attendons la 3ème depuis 5 minutes quand nous voyons la seconde arriver en marche arrière : à son bord deux petits jeunes, une liasse de billets surprenante que nous espérons destinée à un garagiste pour réparer l’épave dans laquelle nous montons et qui nous permet d’arriver à Siverek !

Une pause s’impose : gâteaux, chips et beaucoup d’eau (dont nous offrons la moitié à un couple d’handicapés) et le temps pour A. de découvrir les tenues locales des kurdes de Turquie, et le plaisir de voir des charrettes tractées par des ânes en pleine ville.

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Un bus scolaire s’arrête à notre hauteur, les enfants veulent tous nous parler et le chauffeur prend le temps de nous laisser échanger en turc et en anglais, avec une série de photo tous ensemble !

Et puis…on continue, trois km de camionnette plus tard grâce à un jeune homme charmant qui nous offre le thé, nous finissons par atterrir dans la voiture de deux membres du HDP de Diyarbakir. Ne parlant que turc, Audrey décroche et en profite pour dormir (on est debout depuis 3h du matin, elle l’a bien mérité), pendant que je veille sur nous en faisant la conversation.

Diyarbakir est enfin devant nous, et Ergin nous fait changer de voiture pour nous emmener à la sortie de la ville en direction de Batman.

Nous sommes alors en train de marcher sur le trottoir, qu’une voiture s’arrête à notre hauteur, remplie d’hommes, d’une cinquantaine d’années, et l’un deux insiste pour nous donner sa carte en nous disant que s’il nous arrive quoi que ce soit, si on a besoin de quelque chose, on l’appelle. Je vous ai dit que j’aimais ce pays ?

Ils continuent leur route quand cette fois, c’est un camion et son chauffeur qui nous accostent. Un vieux monsieur à grand sourire…nous décidons d’accepter ! Et nous avons bien fait !

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Nous attendons de voir si le pare-brise finira plus brisé que paré, tout en étant en classe de kurde/turc – il a décidé d’initier Audrey – et c’est quasi bilingues que nous descendons dans une rue de Batman à grand coup de à bientôt et merci pour ce moment extra.

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Le camion à peine parti, je réalise que j’ai laissé ma sacoche appareil photo dans la cabine…et c’est sous le regard médusé des passants que je cours le plus grand sprint de ma vie pour rattraper le camion…tout en essayant de ne pas perdre A.

La sacoche dans mes mains, j’essaye de reprendre mon souffle et de me remettre mon cœur à un rythme plus proche du métronome que de la crise cardiaque et nous pouvons continuer notre route…longue route à pied pour traverser Batman et lever à nouveau nos pouces vers la pancarte qui indique le village de mon cœur : Hasankeyf !

Nous voilà prise en charge par deux gars rigolos et A. peut s’en mettre plein les yeux lorsque nous commençons à longer le Tigre et que les vestiges de la vieille cité de 12 000 ans apparaissent sur la falaise qui borde le fleuve.

Le soleil de fin de journée nous accueille devant la tombe de Zeynel Bey et c’est ainsi que nous rejoignons le centre du village où je retrouve amis et famille.

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Igp7158Le vin à rendu notre photographe aussi flou que la photo...

La soirée à l’Hasankeyf Teras Cafe & Restaurant, où Fevzi nous nourrit et nous loge est douce. Et alors qu’Audrey est bien installée dans l’une des grottes, je m’endors bercée par le son du Tigre qui ronronne en contrebas.

Diyarbakir-Istanbul

Dimanche 22 Mars :

Le réveil sonne pour nous indiquer que nous devons partir pour l’aéroport, et nous traversons Diyarbakir à pied, en ce dimanche matin humide.

La blague du jour fût mon contrôle renforcé par les agents de sécurité lors de mon passage des contrôle de sécurité : on me questionne sur une petite boite en métal planquée dans la porte arrière de mon "sac à main". On me dévisage, pourtant j'ai une tête d'ange, pas de terroriste! Et je retiens mon fou-rire quand la femme-flic mord dans mes tampax pour vérifier que ce ne sont pas des balles...InnocentBouche cousueBouche cousueCool.

Un nouveau vol nous ramène à Istanbul, toujours à l’aéroport de Sabiha Gokçen, où nous prenons mon super bus E10 qui met le temps (longtemps) d’arriver à Kadikoy.
Je voulais faire une surprise à Estelle, qui aime la mer et les bateaux : nous prenons le bus-ferry pour rejoindre l’embarcadère d’Eminomu, au pied de la colline de Sultanahmet.
L’arrivée par la mer de Marmara me ravit toujours autant (je la préfère au bus-métro) ! Et c’est sous le soleil de Byzance qu’elle découvre la vie des rues de la cité. On jette nos sacs dans mon auberge préférée et on va se promener.

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Un petit tour dans une grand mosquée, la bleue, pleine de touristes et Estelle me fait rire quand sa plus grande impression est la même que celle que j’ai eu la première fois ici : « ça sent les pieds non ? ». Oui les touristes pu-llulent ici !

Et puis on flâne de nuit, dans les rues désertes à cause des températures fraiches, avant de rencontrer furtivement notre « colocataire de dortoir »…

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Newroz à Diyarbakir

Samedi 21 Mars :

Un réveil très tôt car nous devons rejoindre Diyarbakir pour assister au Newroz, le nouvel an Kurde…

Suite à diverses incompréhensions et galères…nous n’arriverons sur le site qu’à 12h à temps pour entendre le discours écrit par Abdullah Ocalan, aka APO, emprisonné à vie, qui invite les kurdes à traiter en paix avec le gouvernement turc.

Nous nous fondons dans la foule, encadrées par Cetin et un de ses amis et nous laissons envahir par l’émotion et les vibrations du million de personnes réunies ici !

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Les sourires sont là, la gentillesse et l’accueil des kurdes se vérifient encore une fois, et c’est frigorifiées mais heureuses que nous quittons le Newroz Parki, de la boue jusqu’aux mollets, et des souvenirs plein la tête.

Pour vous en parler mieux, je vous invite à lire ici : Newroz Piroz Be

Ce soir, on zone dans les rues toujours animées mais sous la surveillance de centaines de militaires…pourtant, c’est sereinement que nous dînons dans un restaurant de rue, à rire et à regarder les jeunes kurdes continuer à célébrer leur nouvel an, et puis on succombe à une grosse envie de chocolat...

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Auto-stop pour HasanKeyf

Jeudi 19 Mars :

Une nuit quasi inexistante pour ma part, entre la surveillance pour que tout roule pour Estelle, et l’impatience d’arriver à l’Est.

Notre avion décolle à 5h, et c’est dans les nuages matinaux que nous arrivons à Diyarbakir. Il fait humide et froid…nous nous réchauffons en marchant jusqu’à la sortie de la ville afin de commencer notre stop.

Première expérience pour Estelle, qui découvre qu’ici, c’est plutôt facile ! Une voiture s’arrête pour nous aider alors que nous n’avons même pas levé le pouce ! Et nous rejoignons le carrefour de Carikli Fabrikasi Koyu, où notre chauffeur va travailler.

Estelle se retient de vomir devant un mouton qui va être achevé…ici, on est devant une étable remplie de millier de moutons…et c’est normal…sauf pour elle qui est végétarienne.

On marche un peu, le temps de trouver un nouvel endroit stratégique, et hop, une camionnette nous permet de rejoindre Yuvacik, où nous sommes à nouveau très vite aidées….et cette fois jusqu’à Batman !
La traversée de la ville est pénible…Et le seul jeune homme à s’arrêter nous emmène…à l’arrêt de dolmus pour Hasankeyf...Bon d’accord…on ne va pas s’énerver et go.

Plus on approche, plus mon cœur bat : je rentre à la maison ! Et mon amie découvre les reliefs de mes montagnes et du village dont je parle tant : malgré la grisaille, il resplendit !

En descendant du Dolmus, j’emprunte la vieille rue où j’ai si souvent trainé, et où retentissent les bonjours de ces visages connus. Et puis le voilà : le Teras Khave, ouvert par Feyzi depuis peu, qui nous accueille avec Kadir.

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Le khavalti nous attend pour reprendre des forces avant d’aller faire une petite randonnée au château avec mon guide préféré : escalade, moutons (mais vivants), verdure, fleurs, rire, bonheur sont au programme.

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Et puis voir les amis, boire du thé, sourire, fumer une clope, écouter de la musique, boire du thé, rencontrer des kurdes émigrés en France venus faire leur pèlerinage par ici, refumer une clope, respirer, regarder, prendre des crampes aux zygomatiques. Etre bien.

Ce soir, les garçons nous font à manger…comme toujours en fait, ici on est traitées en princesses.
Et il y a un côté bien agréable à être « obligée » à ne rien faire, à part déguster le vin que l’on vient de nous servir…Le repas est chaud et délicieux, quand soudain, j’entends sa voix : Babam est là ! Mon papa de cœur vient d’arriver et je lui saute au cou tellement je suis heureuse de le retrouver.

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La nuit prend place, le temps n’est plus mesuré, et c’est à la chaleur d’un poêle que nous nous endormons tous les 4.

D'Hasankeyf a Istanbul

8 novembre.

Reveil, packing, au revoir, retrouver les amis au cafe de Kadir, des lunettes de soleil pour ne pas montrer mes larmes.
Sourire, sourire, et leur demander de sourire encore. La main d'un ami dans la mienne, le dolmus qui arrive et m'emmene loin d'eux.
Je laisse mon coeur ici, prenez-en soin le temps que je revienne...

Puis il coule autant d'eau sur mes joues qu'il n'en coule dans le fleuve que je longe jusqu'a Batman.
Dormir jusqu'a Diyarbakir. L'aéroport. Le billet et le vendeur qui essaye de m'arnaquer. Mes montagnes qui defilent sous nos ailes.

Retrouver Istanbul, mon hotel à Sultanhamet apres le bus et le ferry de Kadikoy a Eminomu.
Retourner dans ma cantine préférée, à l'écart des touristes, avec son patron toujours aussi accueillant.

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Le charme de Bizance opere encore, et reussi à secher mes larmes.

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Une nuit à Diyarbakir

30 octobre 2014 :

Le dolmus me dépose à Siverek, là où Muslum et sa famille m'avait déposé la première fois, alors que la nuit est bien tombée. Il n'est que 16h30 et on m'annonce qu'il n'y aura pas d'autre dolmus pour Diyarbakir.

Le chauffeur de mon premier dolmus décide de rester pour m'aider en m'emmène jusqu'à une station service sur la route principale, passe des coups de fils, et me fait comprendre qu'un gros bus va passer dans un quart d'heure et qu'il a demandé à ce qu'il s'arrête ici pour me prendre! Je l'embrasserais presque.

Une fois installée, un gros merci envoyé à l'attention de cet inconnu, je m'endors. Quand soudain, la fraicheur de l'extérieur me réveille et que mes yeux s'ouvrent sur une homme en uniforme et mitraillette, qui me demande mon passeport.
Détendez-vous ce n'est qu'une formalité d'usage, à l'entrée de Diyarbakir, "capitale politique" du kurdistan turc et donc plus surveillée.

Et une fois de plus, je rigole des gens qui me disent que les kurdes sont dangereux : à l'arrivée à la gare routière, un homme m'accoste pr m'apporter son aide, et m'accompagne jusqu'au café internet que je cherchais pour contacter Merve, mon hôte couchsurfeuse de cette nuit. Là on m'accueille encore mieux quand j'annonce être française : thé, gâteaux et...le propriétaire est heureux de pouvoir réutiliser ses connaissances de la langue de Molière, lui qui n'en a pas souvent l'occasion!

Retour à la gare routière où je retrouve mon guide et lui demande comment je peux me rendre au centre commercial de Ceylan Park, il me demande pourquoi, ainsi que le numéro de mon contact, qu'il appelle, puis, passe un second coup de fil, et m'annonce que le chef de la boutique d'à côté va m'y emmener. Mon guide monte aussi, car il a peur pour moi si je prends le bus seule la nuit. Me voilà donc coincée entre une grand-mère et deux petits bout de chou, avec mon chauffeur et mon garde du corps jusqu'à destination.

Merve est là, je remercie mon ange gardien, et rentre au chaud dans l'immense appartement de mon hôte!

Des spaghettis, du thé et des gâteaux, un danois qui joue de la guitare, un programme simple et efficace pour la soirée!

Stopper à Suruç, et voir Kobané

30 octobre 2014 :

La matinée est pluvieuse et grise, mais le petit-déjeuner (kahvalti) offert par la maman de Muslum met des couleurs dans mon estomac! Ici c'est le royaume de la pistache, et je goute pour la première de la confiture à base de cet ingrédient! Et puis omlettes, fromage, olive, tomates. Je ne peux plus bouger alors je me contente d'écouter Muslum me parler de la civilisation Ottoman dont il est fan.

Les au-revoirs donnent lieu aux premières larmes...ce petit bout de femme restera longtemps dans mon coeur.

Muslum et sa maman

Et après avoir fait un tour chez les militaires car Muslum doit partir faire son service obligatoire d'un an dans un mois, il tient à me payer le bus, ce que je tente de refuser.  Alors je ruse, en lui disant oui, et essaye de tenir ma promesse faite de ne pas pleurer en me cachant dans mon foulard.
On voyagera ensemble après son année à l'armée, j'espère que tout se passera bien pour lui.

Pour moi aussi, car, mon sale caractère fait que je veux savoir, voir de mes propres yeux..alors je saute du dolmus à Suruç. Kobané est juste en face, à 6 km, et ma plus grande surprise est le calme inattendu que je trouve ici. Des  milliers de réfugiés transitent par ici, et les turcs montrent encore leur solidarité en leur offrant, gîte, couvert et souvent transport (les chauffeurs de bus gardent des places librent pour les prendre sur le bord de la route et leur permettre de rejoindre des grandes villes). Les habitants sont souriantes et m'offrent le thé, les journalistes sont omni-présents (je n'ai juste pas sorti mon appareil photo par prudence).

L'EI bombarde le nord de la ville de Kobané dans le but d'empêcher les peshmergas irakiens arrivant de Turquie de rejoindre le front, mais échoue, les kurdes réussissant encore à les repousser.
Et les turcs à qui j'en parle sont d'accords, l'EI ne viendra jamais en Turquie, et si Kobané avait dû tomber, ce serait déjà fait!

Alors je reprends ma route et...lève mon premier doigt, comme pour faire un f*** à la peur, j'attaque le stop.

Il ne durera pas longtemps, un accident nous bloque plus d'une heure, et arrivée à Urfa, l'obscurité est trop proche pour moi. Je vais prendre un dolmus!